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Je remercie d'abord vivement Vera Şandor d'avoir fait sa communication dans un langage courrant, en évitant autant que possible notre jargon psychanalytique et la remercie également de m'avoir envoyé son texte, il y a plusieurs jours pour que je puisse associer sur ses propos.
J'ai retenu du texte de votre communication, tout d'abord le fait qu'il est essentiellement axé sur le Mal avec une multitude d'expressions qui renvoient toutes au Mal. Vous en faites une liste étourdissante en débutant votre propos par une citation de Freud, et sans doute faut-il nous souvenir que le Mal, dans la théorie freudienne, est présent à deux niveaux: au niveau individuel à travers la faute et la culpabilité et au niveau métapsychologique où il acquière une sorte de transcendance vis-à-vis de la méchanceté individuelle. Comme le souligne Sophie de Mijolla dans un numéro de Topique sur cette question du Mal, celui-ci peut ětre considéré comme une mauvaise rencontre « c'est-à-dire une rencontre qui diminue notre puissance d'agir et peut-ětre měme aller jusqu'à son annihilation si elle provoque un processus de décomposition du rapport sur lequel repose notre équilibre individuel. »*
Comme le souligne très justement S. de Mijolla, dont je reprends ici les propos essentiels, on parle de Mal soit quand un objet extérieur risque de détruire le rapport interne des parties qui nous composent, soit quand nous détruisons un objet qui aurait pu s'accorder avec nous. Ainsi nous pouvons ětre aussi bien la victime du Mal (maladie, traumatisme) que l'agent du Mal.