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Pendant l'adolescence, la haine de soi s'exprime préférentiellement par une haine du corps parce que celui-ci a un statut d'extraterritorialité et sert d'écran de projection. De manière générale, les vicissitudes de la relation de l'adolescent avec son corps jouent un rǒle déterminant dans le développement normal ou pathologique à cet ǎge de la vie. L'appropriation d'un corps sexuellement mature d'homme ou de femme est indispensable pour l'achèvement de la construction identitaire (ou du processus de subjectivation), au měme titre que l'appropriation de l'activité de pensée et des mouvements pulsionnels.
Nous sommes redevables à nos collègues anglais, Moses et Eglé Laufer, d'avoir souligné sans relǎche, depuis quarante ans, la spécificité de la place du corps à l'adolescence et l'importance de l'intégration du corps génital dans la vie psychique de l'adolescent. La relation originaire de la mère avec le corps du jeune enfant et la relation de ce dernier avec le corps de sa mère influent sur la qualité de la relation que le sujet établira avec son corps tout au long de sa vie. La qualité de la relation mère-enfant influence la résolution du complexe d'Œdipe dans l'enfance et se répercute