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Nous partirons de l'analyse de vignettes cliniques rencontrées dans la pratique (adolescent parricide) ou d'observations lues dans la littérature (Pierre Rivière, un jeune matricide et fratricide du début du 19ème siècle), ou encore dans des textes sacrés (le fratricide de Caïn sur la personne de son frère Abel, raconté dans le Livre de la Genèse, dans la Bible), pour mettre en évidence la fonction de la haine dans l'économie psychique. Dans le fratricide et le parricide, la haine est un mode de relation à l'objet qui a pour fonction de maintenir une relation (passionnelle) à l'objet tout autant qu'elle alimente la destructivité qui s'y manifeste le plus souvent contre l'autre, mais finalement aussi contre le sujet lui-měme.
La haine préserve le moi d'une angoisse de perte dans ce lien à l'objet où la rivalité et le meurtre (symbolique ou réel) de l'autre semblent dominer le tableau. La haine (fratricide et parricide), lorsqu'elle alimente le passage à l'acte, témoigne de la difficulté à accéder à la symbolisation, au refoulement et à la conflictualité psychique, à l'ambivalence. C'est la dimension projective qui l'emporte: le moi expulse sa part mauvaise et, par retournement, attribue à l'objet externe ce qui — à l'intérieur de soi et faute d'élaboration suffisante - le menace. Le moi ne reconnaǐt pas cette part projetée et attribuée à l'autre et semble réagir par l'acte à l'attaque