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Quel est le rǒle de la haine dans la vie psychique de l'individu? Quelle raison, quel sens, quelle utilité? Quel est son rapport à l'amour? Mais avec l'espace-temps psychique, avec l'histoire? Quels sont les risques, pour un sujet, dans l'évolution de son sentiment de haine? Mais pour la communauté, pour l'humanité? Est-ce la haine uniquement un mal inévitable, ou est-ce qu'elle nous donne aussi des résultats bénéfiques?
Cette liste de questions, implicite dans la réflexion de l'auteur, gagne un corps et une réponse par l'appel à la clinique - là où le parricide apparaǐt en corrélation avec un père lui-měme violent et abusif - ou à la littérature et aux textes sacrés. Les derniers m'ont impressionnée plus particulièrement: Pierre Rivière et l'histoire biblique des frères Caïn et Abel.
Le cas de Pierre, le jeune homme de vingt ans qui avait tué sa mère, une sœur et un frère, se justifiant qu'il avait sauvé ainsi son père de la persécution de la mère et de la dépression, est décrit en détail dans le livre de F. Marty, Filiation, parricide et psychose. Les liens du sang*. Je cède à la tentation d'y faire référence aussi en ce qui concerne ce crime terrible, dont l'analyse demande de l'audace. Tel que l'auteur nous le dit, nous avons affaire à l'exploration d'un acte qui inspire « fascination et horreur » et qui provient du territoire de la psychose, « ce pays étrange…où les habitants nous font des signes que nous ne comprenons pas »**.
F. Marty a le pouvoir de trouver ce qui est humain dans le témoignage de Pierre Rivière. L'incapacité à symboliser et à intérioriser de l'interdiction, la panique devant l'attraction de l'inceste, le fonctionnement paranoïaque