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« Je m'étais fǎchée avec ma mère et en fait je pense que c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et j'étais tellement pas bien à ce moment-là, en fait, que… C'est un peu stupide ce que j'ai fait mais euh… mais bon… en fait j'av… c'est comme si j'étais bloquée, que j'avais plus d'autre solution et que… enfin à ce moment-là j'étais comme un robot, il fallait juste que… que je prenne ces médicaments ». Emilie, 16 ans, venue aux urgences suite à une ingestion médicamenteuse, explique ainsi son geste.
Problème majeur de santé public en France, il devient de plus en plus indispensable de tenter une compréhension du sens d'un tel geste autodestructeur à l'adolescence, période de construction identitaire par excellence. Ma pratique de psychologue clinicienne à l'Hǒpital Necker Enfants Malades dans le service du Pr. Golse et ma recherche à l'hǒpital de Bicětre m'ont permis de rencontrer de nombreux adolescents rescapés de leur autodestruction et de les revoir un an plus tard pour apprécier l'évolution de leur fonctionnement psychique à l'aide d'un bilan constitué d'entretiens cliniques et des épreuves projectives Rorschach et T.A.T.
Il me semble d'abord que ces adolescents n'expriment pas tous une volonté de mourir mais se sentent la proie d'un mouvement intérieur violent