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C'est à une relecture de Freud à laquelle je vous invite. Qu'il le cite explicitement ou non tous, les psychanalystes puisent à cette měme source. Je citerai quelques — unes des contributions d'auteurs contemporains de Freud ou plus tardifs pour la lumière qu'ils apportent à mon propos. Ceci étant, j'examinerai rapidement les chances qui se présentent à nous avant que cette haine nous emporte.
La référence à la haine arrive tardivement dans l'œuvre de Freud. Tout d'abord dans L'Interprétation des rěves (1900a) la haine apparaǐt liée à un amour malheureux, puis surtout comme expression de l'ambivalence, associant amour et haine dans Remarques sur un cas de névrose de contrainte (1909d) et dans Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915b). La haine apparaǐt dans Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de Paranoïa comme transformation d'affect soutenue par le langage, le refoulement opérant contre la formule narcissique « je l'aime » -moi un homme, lui un homme — par un retournement, « il me hait ». Dans cette première période, « haïr » trouve sa définition par référence à « aimer »; dans deux des trois oppositions à aimer nous trouvons: aimer/haïr, aimer et haïr pris ensemble/indifférence. Haïr est měme la forme que prend l'amour quand la conservation du moi le réclame, pour