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La haine est antérieure à l'amour. La construction subjective ne saurait s'effectuer sans la dimension de la haine. En effet, elle se trouve au centre des passions humaines: persécution, jalousie, revendication, mélancolie, emprise sur l'autre et sur soi.
La haine passionnelle se conjugue au singulier comme au pluriel L'ignorance des penchants agressifs des hommes et de leurs désirs destructifs s'avérerait tragique pour une clinique du sujet tout autant que pour une psychologie collective. La haine comporte de multiples visages. Elle est l'envers de l'amour et constitue un couple inséparable dans l'ambivalence. Mais la haine est moins connue dans son caractère d'affirmation de la personnalité face à l'autre quand elle se lie aux pulsions de vie. Ces différentes facettes sont repérables, mais la haine se trouve dans la clinique contemporaine à une place centrale et prépondérante, marquant de son sceau les modalités de transfert. Il est ainsi possible d'évoquer la haine du sujet, qui s'initialise à des moments clés de la construction du sujet de l'inconscient, en particulier au temps de l'adolescence.