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Dans son livre La Construction de l'espace psychanalytique, Serge Viderman nous a décrit la relation transfert - contre-transfert par une métaphore éclaircissante sur la part obscure de notre espace psychique: «Imaginons deux phares tournant en sens inverse et dont les feux se coupent périodiquement. C'est lorsque transfert et contre-transfert s'entrecroisent que se situent les moments de la plus grande brillance. Moments privilégiés où fulgure la vérité de l'interprétation».
Avant d'aborder ce complexe thème - Le Contre-transfert - que notre Conférence avait proposé par ses intervenants et aussi par ses discutants, il est nécessaire de souligner combien, dans sa richesse, l'image proposée par S. Viderman, prend en compte ce temps de recherche, dans la continuité des séances et de leur «révélé», pendant lequel, de leurs rayons, les phares fouillent l'obscurité. Cette part d'ombre du travail analytique, qui non seulement enveloppe l'analysant, mais qui habite aussi l'analyste. La part d'ombre de l'analyste serait ce que l'on attribue au contre-transfert, sans bien en préciser la teneur puisque, dans son ambiguïté, la préposition «contre» recouvre aussi bien un effet de proximité que d'opposition. Ainsi, le sens double de «contre» (en français) présente le double danger qui guette l'analyste, des réactions d'hostilité ou des désirs de rapprochement, longtemps considérés, dans un cas comme dans l'autre, comme néfastes à la bonne marche du processus analytique. Des effets dont il convient de se méfier, avant qu'ils ne deviennent à leur tour, au fur et à mesure de l'évolution de la psychanalyse, de possibles leviers de la cure. L'histoire du contre-transfert marque successivement les deux faces d'une notion difficile à cerner.