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Le continent somatique représente un territoire inconnu pour la psychanalyse et, pour cette raison, évité. L'expression du patient dans ce registre est souvent ignorée par le thérapeute, même si elle regarde les besoins les plus profondes et structurantes de la personnalité de celui-ci. En tenant compte de la psychogénèse des comportements addictifs, la douleur subjacente aux symptômes corporels trouve son origine dans les plus précoces étapes de développement du psychisme, étapes dans lesquelles les mots n'existaient pas comme moyen d'élaboration psychique. L'angoisse devant le renoncement aux symptômes addictifs ou somatiques est plus intense car la capacité d'élaboration psychique du Moi risque à être débordée face aux mouvements psychiques. Parmi les signifiants qui opèrent dans l'espace psychanalytique, au-delà des représentations de choses et des représentations de mots, il est nécessaire à inclure l'affect, les états corporels et l'acte. Chez l'addictif, le processus de représentation n'a pas réussi à arriver jusqu'à la représentation de mots. Il utilise donc, des modalités spécifiques de représentation et il essaie à les intégrer dans l'espace analytique. Dans le transfert, l'analyste est mis à l'épreuve de les reconnaître et il doit essayer à aider le patient de les mettre en mots. La solution addictive s'impose dans la mesure où la psyché, dont la capacité de représentation fait défaut, trouve en elle une réponse à ses besoins. Les fonctions corporelles acquièrent une valeur symbolique, les fonctions et les zones érogènes sont investies, pour remplacer la fonction d'élaboration propre au processus de pensée.