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J'ai découvert la pensée de R. Roussillon dans les années ′90, grâce à deux de ses livres, Paradoxes et situations limites de la psychanalyse et Logiques et archéologiques du cadre psychanalytique. Dès lors, elle m'a paru une pensée ayant une capacité particulière, celle de combiner deux choses: la complexité - nécessaire dans la psychanalyse pour correspondre avec la complexité du fonctionnement psychique qu'elle étudie - et la cohérence, nécessaire pour la communication entre psychanalystes. Elle me paraît également une pensée minutieuse, de détail, qui dispose à la fois de la mobilité de scanner de temps en temps l'ensemble, afin de ne pas le perdre de vue. Je fais référence, bien évidemment, à la microscopie et à la macroscopie de la situation analysante. C'est un mode de pensée qui correspond à la technique psychanalytique française, qui m'est familière et que je nommerais “la technique des petits pas”, une façon de l'analyste de se tenir proche de la subjectivité du patient, en l'abordant pas à pas.
L'un des concepts proposés par R. Roussillon est celui d'entre jeu, de l'anglais “interplay”, accompagné de celui d'entre je, concepts qui remplacent ceux que nous connaissons déjà, “d'interaction” et “d'intersubjectivité”. Le but est de garder mieux la nature de la démarche psychanalytique, de certains éléments conceptuels essentiels comme la pulsion, l'inconscient, le transfert, l'associativité, la réflexivité (qui remplace la “prise de conscience”, étant donné que pas tout processus psychanalytique s'adresse à celle-ci).