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Un état de dépersonnalisation-déréalisation, car les deux sont souvent vécus ensemble, se caractérise par la sensation d'être étranger à soi-même et l'impression que l'environnement qui est très connu et dans lequel on se trouve est bizarre, irréel, totalement inconnu, comme si l'on vivait dans un rêve ou dans une autre dimension.
Dans la clinique psychiatrique, de tels épisodes de dépersonnalisation et de déréalisation sont assez communs. Même à l'état normal, nous vivons tous, à un moment ou à un autre, des sensations d'étrangeté, soit par rapport à nous-mêmes, soit concernant l'environnement dans lequel nous vivons. La psychanalyse n'ignore pas ces manifestations et les psychanalystes sont confrontés, dans leur travail avec l'inconscient du patient et avec leur propre inconscient, à de tels symptomes, dans de nombreux de cas.
Dans le numéro 4/20 13- vol.77, des psychanalystes chevronnés partagent avec nous leur expérience clinique et leurs connaissances théoriques concernant la dépersonnalisation comme trouble qui perturbe l'identité d'une personne, ainsi que les limites de son moi. Dans son article Un trouble de mémoire sur l'Acropole, Freud fait part de son expérience du sentiment d'étrangeté qu'il a éprouvé en haut de l'Acropole. D'autres ouvrages traitent également de ce sentiment: Le délire et le rêve dans la Gradiva de W. Jensen, L'Homme Moise et le monothéisme, dans lesquels Freud attire l'attention sur l'importance du trouble identitaire dans l'expérience analytique.
La dépersonnalisation est un état qui affecte la perception de soi. Monique Dechaud-Ferbus, dans son travail Bizarre, bizarre, vous avez dit