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La «limite» implique des réalités contradictoires pour la psychanalyse. Le paradigme de la formation psychanalytique est axé, de manière prépondérante, sur le fonctionnement névrotique de la personne en formation. Cependant, comme le montre l'expérience de la plupart des psychanalystes, la majorité des patients venus en thérapie ces dernières années présente un fonctionnement limite. En 1974, déjà, Jean Bergeret affirmait que «le nombre de personnes en état-limite s'est considérablement accru ces dernières décennies, tandis que le nombre de névrotiques authentiques a sensiblement diminué». Nous sommes donc de plus en plus confrontés à des cas-limites: travail au niveau limite, contretransfert à la limite de la capacité de contention. Un psychanalyste «névrotique» est le plus souvent sollicité à travailler avec des états non-névrotiques et cet état «névrotique» de l'analyste pourrait restreindre la liberté du travail analytique, s'il n'y avait l'exigence inhérente à notre métier de travailler en connaissant nos propres limites, les limites de l'analyste, les limites de la psychanalyse…
Les états-limites exigent que l'analyste connaisse ses limites. C'est seulement lorsqu'on travaille avec des patients-«limite» que l'on est encensés en tant que meilleurs spécialistes pour être ensuite déchus et considérés comme des «escrocs» qui «commettent des erreurs incroyables». Cependant, ce qui est important, c'est que ces «erreurs» et le qualificatif d'«escroc» ne mènent pas nécessairement à l'abandon de la thérapie par le patient. Au contraire, le plus souvent, une sorte de calme s'installe graduellement, permettant un travail plus associatif, plus mentalisé, plus élaboré. C'est la capacité de l'analyste de