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L'adoption, aux côtés de sa tâche de créer une famille, a aussi la tâche d'élaborer le traumatisme de l'abandon. D'aprés l'opinion d'Winnicott, l'enfant a avant tout besoin de parents, plus même que d'amour, parce qu'à travers les parents il a la certitude de survivre quand il est détesté et même quand il est détestable. L'adoption implique des réalités psychiques spécifiques qui demandent des capacités supplémentaires d'élaborer et de contenir de la part des protagonistes impliqués. En ce sens, Roussillon parle du problème de la symbolisation de la double parentalité, Berger - du fantasme du roman familial situé à la limité du réel. Investie de valences positives et confirmant souvent ce statut à travers les réalités construites, l'adoption peut cependant déterminer, dans certaines conditions, un fonctionnement psychique à la limite. Par le biais du cas présenté, nous allons essayer d'analyser les conditions à travers lesquelles une adoption non-déclarée devient un phénomène qui produit “de l'instabilité de manière stable” (Schmideberg), surtout dans un contexte psychosocial où l'adoption excite et déstabilise tant les acteurs centraux, la famille élargie, que la communauté.