You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Note préliminaire. — Je tiens à exprimer ici mes plus vifs remerciements au Docteur Charles Odier (de Genève)pour les excellents conseils qu'il ne m'a jamais refusés, et pour l'aide précieuse qu'il m'a apportée dans la rédaction de ce travail.
Ce cas paraîtra sans doute assez banal aux analystes expérimentés. Il est en effet typique. Toutefois, il nous, semble propre à intéresser les psychologues, les médecins ou les éducateurs (parents et toute personne s'occupant d'enfants) à plusieurs points de vue. Tout d'abord par sa clarté. Il offre en effet l'exemple de toute une vie de maladie et de souffrance dues uniquement à des motifs psychiques, lesquels ont échappé pendant de longues années à la sagacité des médecins et à plus forte raison à celle des parents et de l'entourage.
En second lieu, il révèle l'action désastreuse qu'un regrettable incident vécu à l'âge de 7 ans par la malade, à l'insu de tous, a pu exercer sur sa santé et sur toute son existence. Et pourtant cet événement capital était complètement oublié par elle. Nous disons en langage analytique qu'il a été « refoulé », c'est-à-dire qu'il est devenu inconscient tout en demeurant présent et actif dans l'âme du sujet. Il est presque certain qu'une courte psychanalyse pratiquée au moment du traumatisme chez cette enfant lui eût épargné tous les malheurs que nous décrirons plus loin et l'échec total de sa vocation de femme, ainsi que les ennuis qui en résultèrent pour ses parents.
Il faut avouer qu'il est rare de rencontrer des cas où l'action de tels « traumatismes » infantiles se montre aussi nette, et où une psychanalyse, quoique tardive et courte, soit capable de les révéler et d'en délivrer la victime de façon si complète et si efficace. Cela vient du fait que par son caractère même, et les circonstances dont il s'accompagna, ce traumatisme réveilla,