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(Lu devant la Société Psychanalytique de Paris, le 5 avril 1927.)
Mesdames et Messieurs,
Aujourd'hui pour la première fois j'ai l'honneur de prendre la parole devant la Société française de Psychanalyse ; cependant, je garde le plus agréable souvenir de l'occasion, il y a juste deux ans, où il m'a été donné d'entretenir ce groupe d'auditeurs librement réunis d'où est sortie depuis votre société actuelle. Je tiens donc à vous offrir mes très chaudes félicitations sur les progrès réalisés en un si court laps de temps par ce groupe plein d'ardeur, sur les travaux de votre société elle-même, sur l'activité thérapeutique déployée par chacun de vous individuellement, sur l'initiative que vous ne cessez de montrer en matière de publications. Tout cela est du meilleur augure pour l'avenir.
Mesdames et Messieurs, il y a parmi vous des débutants dans cette brillante carrière, prêts à conquérir pour la psychanalyse tout un nouveau territoire ; à ceux-là, s'ils veulent bien m'écouter, je voudrais offrir un conseil, — le conseil d'un homme qui, regardant hélas en arrière, cristallise, en une seule phrase, ses vingt années d'expériences' psychanalytiques. Gardez-vous de sous-estimer la force des résistances inconscientes que vous rencontrerez chez vos malades et dans le monde extérieur. Ces résistances peuvent se replier, peuvent se cacher, peuvent être éludées de mille et mille façons ; mais on est constamment obligé de reconnaître, à ses dépens, et non sans dépit, que, par un excès d'optimisme, l'on a, une fois de