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Dr Paul Federn (Vienne) : Le narcissisme et la structure du moi. — Les recherches psychanalytiques sur les états de dépersonnalisation ont montré que dans toute dépersonnalisation, même dans celles qui ne concernent apparemment que le monde objectif, il s'agit d'un trouble narcissique. Chez l'homme normal, les limites du moi sont entièrement chargées de libido narcissique. Il y a trouble du sentiment du moi lorsqu'une limite du moi en est chargée faiblement, lorsque le narcissisme lui est retiré. La partie des perceptions extérieures ou intérieures qui est enregistrée par une de ces limites du moi faiblement chargées ou dépourvues de libido narcissique, acquiert ce sentiment spécifique de dépersonnalisation.
On peut en conclure, vice versa, que des fonctions où un individu non-assujetti à la dépersonnalisation manifeste un sentiment de dépersonnalisation, ne sont pas d'ordre libidinal. C'est surtout le cas pour les fonctions de la volonté.
Nunberg a déjà constaté que tous les états de dépersonnalisation constituaient le début de toute psychose névrotique. La dépersonnalisation, en tant que psychose actuelle. (Aktualpsychose) doit être rangée parmi les névroses actuelles (Aktualneurosen). Dépourvue de symptômes physiques il faut, dans le domaine psychique, la leur opposer. Les preuves à l'appui de ces thèses sont fournies par l'observation du sentiment du moi dans l'état qui précède le sommeil ou le réveil, dans l'état de dépersonnalisation et de rêve.