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Qu'on me permette ici une courte réplique aux objections soulevées par notre ami Hesnard avec toute la délicatesse de style et de pensée, d'ailleurs, qu'on lui connaît. Elles n'auront pas été inutiles puisqu'elles me fournissent l'occasion de préciser certains points.
1° Obscurité de la notion de sursoi.
Pour la comprendre, il importe avant tout de s'en tenir aux faits cliniques analytiques. Et, parmi eux, il en est un qui ne comporte vraîment aucune obscurité : c'est le phénomène en vertu duquel le sujet éprouve une jouissance à se punir, ou plus exactement une détente à se faire souffrir. On parle alors d'une « érotisation » de l'auto-punition ou de l'auto-persécution, sous quelque forme d'ailleurs qu'elle se manifeste. Or, c'est précisément pour définir ce mécanisme si fréquent et si important que j'ai proposé l'acception de sursoi. Celle-ci s'applique donc à l'auto-punition dès l'instant où s'y mêle un élément libidinal (masochisme). Ce terme peut prêter à la critique mais la notion qu'il définit, on ne peut le nier, est parfaitement claire et très familière à tout psychanalyste entraîné.
2° Obscurité de la notion de pseudo-morale.
On a décrit jadis en neurologie un syndrome moteur qu'on a dénommé « bulbaire ». Puis, en l'étudiant plus à fond, on a découvert qu'il relevait, non pas de lésions bulbaires comme on l'avait supposé, mais bien de lésions corticales ou sous-corticales. On l'a baptisé alors pseudo-bulbaire pour rappeler qu'il s'agissait de ce syndrome particulier rattaché jusque là à une affection du bulbe. II ne viendrait cependant à l'idée d'aucun neurologue, bien que tous emploient couramment ce terme, de prétendre qu'il exprime autre chose qu'une erreur historique ; ou encore de proclamer : « il n'y a pas de phénomènes pseudo-bulbaires… il n'y a que des phénomènes bulbaires ou des phénomènes corticaux ».
Même remarque peut être faite au sujet du terme pseudo-morale. Il ne vise qu'à rappeler en effet une confusion historique opérée entre