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I. — Daly (Quetta, Indes) : Mythologie hindoue et complexe de castration. — Après avoir rappelé le travail de Berkeley-Hill sur « Le facteur anal érotique dans la religion, la philosophie et le caractère hindous », Daly se demande pourquoi la race à laquelle il appartient a eu tant de peine à sublimer les tendances anales. Il pense que la réponse à cette question trouve sa solution dans le fait que chez les Hindous le complexe de castration a joué un rôle considérable.
Tandis que le rêve se sert surtout de la condensation, nous voyons dans la mythologie se produire le phénomène contraire : le peuple tend à projeter sur un dieu ou une déesse chaque attribut d'un objet libidinal. On peut, grosso modo, les diviser en deux catégories : les dieux qui représentent la tendance primaire d'agressivité et de haine, et ceux qui représentent le surmoi et le désir de rapprochement des parents. La dispersion qui, selon Jones, représente un stade ultime du refoulement, se traduit par le fait que chaque dieu a deux natures et que chacune de ces natures se divise encore en diverses autres natures.
Il n'y a rien de neuf à dire sur le rôle du père. Par contre le rôle de la mère, représentée par la déesse Kali, offre quelque intérêt. Remarquons d'abord le mépris pour la femme qui se manifeste dans la coutume de tuer les fillettes, de brûler les veuves sur le bûcher de leurs maris et, en cas de guerre, de sacrifier les femmes pour avoir la victoire. La première de ces coutumes vient surtout de la honte d'avoir mis au monde un être soi-disant châtré. Les deux coutumes suivantes viendraient, d'après Daly, de la peur qu'éprouvent les Hindous de voir leurs femmes souillées après eux ; mais derrière cette crainte se cacherait l'idée plus primitive du fils qui prend la mère et le désir de soustraire celle-ci à celui-là.