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« Quand on fera la psychologie du psychologue, on verra que le travailleur a souvent besoin de croire son étude originale et exceptionnelle afin d'avoir le courage de la continuer. »
Il y a plus de quinze ans qu'on se plaît à mettre en parallèle l'œuvre de Pierre Janet et celle de Freud. Ces deux grands esprits sont partis des mêmes faits pour aboutir à des conclusions apparemment très différentes. Mais ceux d'entre
les psychologues spécialistes des Névroses qui ont suivi de près leurs recherches respectives, savent que derrière certaines divergences conceptuelles et surtout verbales, de grandes idées directrices leur sont communes.
Pierre Janet a communiqué ses premiers résultats en 1889 (1). L'analyse psychologique française, qui est son œuvre, était déjà créée dans ses directives essentielles lorsque Freud, plus tardif dans sa production, commençait à faire connaître, vers 1893, ses travaux sur la sexualité morbide, qui précédèrent ses tâtonnements méthodologiques précurseurs de la Technique psychanalytique. Une telle anticipation — qui est un fait écrit — a pu légitimement faire penser à P. Janet que la Psychanalyse n'était qu'un chapitre de l'Analyse psychologique (2). Cela est vrai, à condition toutefois de préciser qu'elle en est le plus important pratiquement, et aussi celui que le psychologue français a précisément le plus dédaigné.
La seule divergence actuellement irréductible entre les deux auteurs est leur conception respective de la sexualité. Pour Freud, l'instinct sexuel est un système très complexe de tendances qui actionnent l'ensemble du dynamisme psychique et conditionnent de façon spécifique le déterminisme de toute névrose. Pour P. Janet, c'est un appétit élémentaire qui, s'il joue un rôle intéressant dans la vie psychique, n'intervient dans la névrose qu'en tant qu'agent étiologique banal, quelconque, de second