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1. Bjerre : La voix de la grâce. — On sait que Bjerre, après avoir été l'un des premiers adeptes de la psychanalyse et après avoir publié dans ce domaine des articles fort intéressants, s'est orienté vers une psychothérapie de plus en plus personnelle. La « Psychoanalytical Review », qui est un organe indépendant de toute école, publie un article, dont certaines parties sont assez véhémentes, contre l'analyse classique. Il fait à cette méthode le reproche de rechercher dans la vie des malades toutes les expériences négatives au lieu de concentrer l'attention sur les expériences positives. Chacun, dit-il, a fait au cours de sa vie des expériences qui lui ont permis d'affronter dans la suite les responsabilités avec plus de courage et ces heures priviligiées valent toutes les autres à la fois. Bjerre propose de les appeler « complexes positifs » ou, mieux encore, « sphères de vie ». Celles-ci sont, à son avis, aussi utiles à la compréhension de la guérison que les complexes analytiques sont nécessaires à la compréhension de la maladie. Ces expériences sont comparables à ce qu'en théologie on appelle les « états de grâce ».
Bjerre raconte ensuite deux rêves d'une même nuit. L'auteur s'est réveillé entre les deux et est resté parfaitement passif. Le premier rêve marque surtout de l'agitation et du découragement, tandis que le second fait preuve de décision. Il s'est produit une sorte de libération. Le rêve évoque des parties heureuses de la vie. Bjerre en conclut qu'il a eu un état de grâce entre les deux images oniriques. Il s'est produit une sorte de synthèse créatrice de vie. Selon lui, le progrès d'un rêve à l'autre montre le progrès de la grâce, c'est-à-dire le développement vers une conscience plus large et une intensité de vie plus grande.
Cette psychothérapie portant l'individu vers l'effort et vers l'optimisme, peut avoir de bons résultats dans certains troubles légers. Nous doutons fort qu'elle puisse nous rendre les mêmes services que la psychanalyse.