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Cet admirable ouvrage de M. Lange-Eichbaum est une étude très complète des multiples problèmes délicats et épineux que soulève la question des rapports entre la folie et le génie. M. Lange fait précéder son livre, si richement documenté, d'un préambule où il attire l'attention
sur l'hostilité que la psychiatrie, science relativement jeune, rencontre encore de nos jours, sur la haine qu'elle suscite dès qu'elle se décide à étudier un homme célèbre.
Dans un premier chapitre, l'auteur déblaie le terrain du problème si complexe « génie et folie ». En passant en revue les définitions qui ont été données de la notion de génie, on se rend compte qu'elles sont toutes insuffisantes et qu'il est impossible de définir le génie en se basant sur les données de la science actuelle. En examinant qui est désigné du terme de génie et par qui, on arriverait peut-être à obtenir une notion génétique de l'essence du génie. Ces réflexions préliminaires sont suivies d'un succinct résumé des théories sur le génie présentées depuis 1700 environ, date autour de laquelle la notion de génie s'est définitivement précisée. M. Lange cite ensuite, en remontant jusqu'à l'antiquité, les auteurs qui ont fait le rapprochement entre la folie et le génie. En ce qui concerne les ouvrages du xixe siècle, il distingue entre ceux parus avant et ceux parus après Moreau de Tours. Pour les psychiâtres, les livres de Moreau gardent encore leur intérêt. C'est lui qui remarqua un des premiers que le génie était une névrose, un état mi-morbide du cerveau : « Les dispositions d'esprit qui font qu'un homme se distingue des autres hommes par l'originalité de ses pensées et ses conceptions, par son excentricité ou l'énergie de ses facultés affectives, par la transcendance de ses facultés intellectuelles prennent leurs sources dans les mêmes conditions organiques que les divers troubles moraux dont la folie et l'idiotie sont l'expression la plus complète ». Les ouvrages de Lombroso, l'apôtre de Moreau, valent, en dépi