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Sylvia Payne: Observations sur la formation et la fonction du surmoi à l'état normal et pathologique. — L'auteur expose d'abord ce que Freud entend par le moi, le surmoi et le soi. Puis elle rappelle que Jones a insisté sur la nécessité de l'existence de sentiments hostiles à l'égard des parents pour qu'il y ait apparition d'un surmoi.
La constitution bisexuelle de l'être humain joue un rôle important dans la formation du surmoi. Normalement chez le garçon le surmoi se forme juste avant et pendant la période de latence et cela par une identification avec le père, que détermine en partie la crainte de la castration. Chez le garçon, la formation du surmoi est une sorte de sublimation.
Chez la petite fille, ce n'est pas la crainte de la castration qui joue le rôle essentiel dans la formation du surmoi, mais bien, comme Freud l'a récemment montré, la crainte de devoir renoncer à l'affection maternelle si elle s'abandonne aux suggestions du complexe d'Electre. De plus, ainsi que l'a découvert la doctoresse Horney à Berlin, il existe chez la fillette une crainte analogue à celle de la castration chez le garçon, celle que le père pourrait lui faire du mal. Cette crainte, qui est basée aussi sur des sentiments incestueux, se rencontre surtout chez les fillettes qui ont vu leur mère alitée à la suite d'un accouchement.
Si la formation du surmoi se trouve ainsi être différente chez la femme et chez l'homme, il faut remarquer aussi que le surmoi de la femme garde plus de traces des caractéristiques infantiles que celui de l'homme. Il défend plus de choses et en permet moins. Cela est vrai surtout en matière sexuelle. La fréquence de la frigidité chez les femmes en bonne santé démontre la persistence du tabou imposé par le surmoi infantile.
Le surmoi travaille en partie inconsciemment et crée souvent un désir de punition. Dans son livre « Geständniszwang und Strafbedürfnis », Reik remarque qu'il n'est pas rare que les enfants redoutent