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Les médecins comme le public accordent d'ordinaire une place importante aux soucis ou aux pertes d'argent parmi les facteurs propres à déterminer, aggraver, ou entretenir une maladie nerveuse, une dépression en particulier.
Or, le but de cette petite étude est d'essayer de convaincre les psychiatres, au moyen d'arguments psychanalytiques que le rôle joué par le facteur « argent » est plus apparent que réel.
Il est bien évident, et personne ne songe à le contester, que le manque d'argent surtout s'il survient brusquement, peut déprimer un sujet sensible. Mais, à lui seul, il ne peut créer une névrose, encore moins une psychose. Si la névrose s'établit, ce sera tout au plus à propos de soucis d'argent et non à cause d'eux: Ils n'en constitueront que l'occasion ou le prétexte et non l'origine ou la condition ; celles-ci résidant d'une part dans une constitution nerveuse innée, d'autre part dans l'activité de certains complexes inconscients acquis, mais acquis en général dans l'enfance, bien avant la formation de toute « notion pécuniaire », c'est-à-dire de toute « aperception » de la valeur ou de la fonction de l'Argent.
J'entrerai d'emblée dans mon sujet en exposant, au cours d'une première partie clinique, deux exemples de ces cas fréquents où le manque d'argent semble jouer, en apparence, un rôle étiologique primordial, et, où cependant l'analyse vient démontrer que ce rôle n'est que « symbolique », autrement dit,