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Communication faite à la Société Psychanalytique de Paris le 8 mai 1928.)
Le succès avec lequel les méthodes et les doctrines psychanalytiques ont favorisé l'exploration des couches profondes de la personnalité, le pouvoir d'explication qu'elles ont maintes fois affirmé sur les raisons intimes du comportement humain, font qu'il est bien peu de domaines de l'activité mentale qui leur restent étrangers.
Entre toutes les productions de l'esprit humain, il en est qui de tout temps ont appelé les méditations des philosophes et des psychologues. De celles-là sont les manifestations artistiques.
Il est de bonnes raisons pour que ces dernières suscitent également l'intérêt des adeptes de la psychanalyse en/ ce qu'elles utilisent des processus psychiques qui leur sont familiers. La parenté de l'art et du rêve est chose connue depuis longtemps, mais cette remarque ne pouvait être féconde tant que l'activité onirique fut tenue pour inférieure et parfaitement dénuée d'intérêt.
Tout art provoque des émotions, des joies particulières que l'on rassemble sous le nom de sentiment esthétique.
Certes, l'œuvre d'art comporte autre chose que les représentations quelque peu chaotiques du rêve. Ces mêmes éléments sont en elle sélectionnés, ordonnés suivant les règles de la technique artistique et selon la culture propre à chaque artiste. C'est là une activité mentale d'un autre ordre.
Mais du point de vue psychologique le fait essentiel demeure. Libérant de fortes charges affectives, ces oeuvres revivifient chez le créateur, comme chez le spectateur ou l'auditeur