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(Conférence du 21 mars 1929 au Groupe d'Etudes philosophiques et scientifiques pour l'examen des tendances nouvelles). (1)
Un étranger qui, devant des auditeurs français, et comme qui dirait dans la patrie de la psychologie, se risque à traiter un sujet psychologique, devra alléguer pour sa défense des raisons plus que convaincantes.
Ou'allez-vous donc penser de la témérité de choix dont témoigne le sujet de la présente conférence? S'il est un sentiment humain sur lequel les Français sont réputés savoir tout ce qui mérite d'être su, c'est, à n'en pas douter, la jalousie.
Ce sentiment, vos écrivains, vos poètes, vos psychologues ne l'ont-ils pas exploré dans toute sa largeur, dans toute sa profondeur? L'éclair de leur génie intuitif n'en a-t-il pas illuminé tous les replis les plus secrets? Comment celui qui vient après eux pourra-t-il éviter les redites, le banal? Et, quand même je ne vous dirais rien de nouveau, j'ose cependant compter vous intéresser. Que l'intérêt que vous portez à ce sujet soit pérennel et inépuisable, cela est de toute évidence. La jalousie ne joue-t-elle pas un rôle important dans votre vie publique, sur votre scène, dans vos journaux, et, ce qui est surtout significatif, dans vos tribunaux? Or, j'ai conçu la haute ambition d'éveiller en vous un nouvel intérêt pour cette matière rebattue. Et pourquoi cette ambition, cette prétention? C'est que grâce à une science nouvelle, la psychanalyse, je puis vous offrir du nouveau. A l'exemple de toutes les grandes amoureuses, la France aime mieux donner