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Le vieux conflit entre l'artiste et le public, qui se termine toujours par la victoire du premier, traverse en ce moment une phase décisive: des attaques de plus en plus sérieuses sur la conception traditionnelle des arts se sont produites juste avant, pendant et après la guerre, et un art complètement subjectif (cubisme, expressionnisme, surréalisme), avec des œuvres, des talents, des théories, paraît s'être installé pour rester. Oui peut aider à résoudre le conflit? Le critique, n'exprimant que les théories des artistes ou les préjugés de l'amateur, ne représente que l'une où l'autre des forces en présence. Le psychanalyste au contraire devrait pouvoir agir dans ce cas comme dans ceux dont il s'occupe, et obtenir la résolution du conflit.
Il a en effet à sa disposition une méthode qui, de simplement thérapeutique qu'elle était, a été appliquée avec succès à l'étude des foules, de la mentalité primitive, de l'art, de la religion, etc., — bref de tout ce qui, dans les manifestations sociales du comportement humain, relève plus directement de l'affectivité. Dans le domaine de l'art, Freud, Rank, Sachs, Jones et autres ont étudié en détail les personnalités et les productions artistiques. Mais les considérations cliniques et individuelles ne sont pas toujours suffisantes, et on peut tâcher de découvrir, dans les résultats des études partielles, sinon une philosophie de l'art, au moins (et c'est là l'accomplissement suprême d'une science) des généralisations qui nous aident