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M. Gilles, dans cet intéressant article, nous entretient du cas d'une jeune fille de vingt-deux ans, étrangère, internée pendant deux ans dans son pays, tirée de la maison de santé par sa mère, et amenée à Pau, où l'auteur put l'étudier et la traiter. Ce cas se caractérise par la superposition de syndrome psychiques différents, se recouvrant les uns les autres, disposition clinique que M. Gilles compare très jolîment à celle d'un jouet gigogne.
Le syndrome qui se montre le premier est un état mélancolique: la malade est notablement dénourrie, son teint terreux, sa peau sèche son haleine fétide, sa bouche garnie de muguet, ses yeux ternes et cernés, sa tension basse. Elle vomit tout ce qu'elle prend. Elle ne parle guère que « pour exprimer quelques idées délirantes entrecoupées de gémissements et de pleurs. » Il semble s'agir non d'un accès mélancolique de maniaco-dépressive, mais d'un état mélancolique progressif et chronique.