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S'il est un terrein qui paraisse dangereux à ceux qui critiquent le freudisme sans avoir eux-mêmes d'expérience psychanalytique, c'est bien celui de l'onirocritique. Quelle formidable part de fantaisie doit, pensent-ils avec quelque apparence de raison, laisser au médecin le domaine de l'interprétation des rêves !
Il est souvent bien difficile de prouver péremptoirement à ces sceptiques que, pour un rêve donné, telle interprétation que l'on a cru devoir faire est adéquate à la vérité clinique. Certes la marche évolutive de la grande majorité des traitements psychanalytiques est là pour justifier dans son ensemble la légitimité de l'onirocritique freudienne. Mais il est rare que l'on ait la preuve directe de la justesse d'une interprétation. Par un heureux concours de circonstances, il m'est, au début même d'une psychanalyse, arrivé de deviner, par une véritable oniromancie, les lignes générales d'une situation réelle qui ne m'avait pas encore été avouée. Il me semble qu'il y a là un fait clinique intéressant; c'est pourquoi j'ose le publier ici.
J'appellerai ma patiente Nina (2).
Je la vois pour la première fois à la fin d'octobre 1929. Cette première visite est consacrée à un interrogatoire et à un examen somatique. L'un et l'autre sont fructueux.