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Hélène Deutsch: A propos de la genèse de l'agoraphobie.
L'auteur envisage un type déterminé d'agoraphobie dans lequel les malades, laissés seuls dans la rue, éprouvent une véritable terreur de la mort, qui diminue ou disparaît même complètement s'ils sont accompagnés par certaines personnes. Croyant qu'il s'agissait simplement de la présence d'une personne qui pût leur porter secours en cas d'accident subit, on n'avait pas jusqu'ici attaché d'importance à la personne de ce « compagnon ».
En se basant sur quatre cas, qu'elle expose en détail, Mme Deutsch montre qu'il y a dans la genèse des agoraphobies un processus qui rappelle celui de la mélancolie. Il y a introjection dans le moi de l'objet de l'ambivalence; le moi subit alors de la part des pulsions destructrices le sort qu'elles réservaient à cet objet: Voilà pourquoi le moi se sent menacé de mort et réagit par la phobie. Mais l'agoraphobie peut être vaincue par la présence de l'objet aimé ou des personnes qui le représentent.
L'auteur tient cette identification avec l'objet auquel s'adressent les tendances hostiles (identification qui dérive de la situation du complexe d'Œdipe) pour caractéristique de l'agoraphobie.
L'analyse des cas exposés par Mme Deutsch ne paraît pas éclaircir la question de savoir pourquoi l'agoraphobie n'apparaît que dans la rue. Il est probale cependant que cela vient, comme le croit Freud, de ce que, d'une part, le malade ne se sent plus protégé comme à la maison et de ce que, d'autre part, la rue est un lieu de tentation pour bien des tendances sexuelles, en particulier pour les tendances exhibitionnistes.
Des fantaisies se rapportant à la naissance ainsi que la signification libidinale de la marche et des jambes, sur laquelle Abraham a attiré l'attention, jouent certainement aussi un rôle dans la genèse des agoraphobies.