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M. Müllet-Braunschweig s'est donné comme but de son article d'étudier la différence de point de vue qui existe entre la psychanalyse et la philosophie devant le même problème. Avant d'aborder le sujet proprement dit l'auteur montre que la psychanalyse n'est pas une science normative, comme par exemple le droit, mais une science expérimentale à l'instar des sciences naturelles. Pour confronter les deux disciplines l'une avec l'autre, il choisit la philosophie de la morale. La psychanalyse veut connaître la réalité telle qu'elle existe, tandis que la philosophie de la morale ne s'intéresse pas essentiellement à la réalité qui est, mais à celle qui doit être. Elle envisage ce qui pour le moment n'est que représentation, idée. Ainsi une psychanalyse des phénomènes moraux aurait par exemple à répondre à la question: entre lesquelles des instances psychiques décrites par l'analyse les processus moraux se déroulent-ils? Ou encore à cette autre: comment faire un tableau psychanalytique concernant l'histoire de l'évolution de l'individu et de l'humanité, qui expliquerait en même temps celle de l'évolution des processus moraux?
Létude philosophique de la morale, par contre, se borne à définir les concepts du « moral ». Pour donner des exemples concrets, l'auteur envisage le sentiment de solidarité, le sentiment de justice, etc., en se plaçant au deux points de vue. L'histoire de l'évolution du sentiment de solidarité, par exemple, étudiée psychanalytiquement, nous apprend que les sentiments primitifs entre frères et soeurs sont des sentiments de rivalité et d'hostilité. La peur d'être privé de l'affection des parents ou des éducateurs, l'expérience de l'état gênant d'une inimitié prolongée décident l'enfant à échanger, par voie d'identification avec son partenaire, son attitude hostile contre une attitude de sympathie et de tolérance bienveillante. Du point de vue philosophique, cette évolution n'entre pas en ligne de compte. Le sentiment de solidarité, l'idéal, possède une va