You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le titre de cet ouvrage ne se laisse pas facilement traduire en français, nous nous sommes résigné à le rendre approximativement en ces termes: le malaise de la civilisation.
Les remarques d'ordre psychologique et philosophique qui suivent ont pour point de départ la lettre d'un correspondant de Freud qui lui demande de préciser plus qu'il ne l'a fait dans l'« Avenir d'une Illusion » l'origine du sentiment religieux. Ce correspondant voit cette origine dans ce qu'il appelle le « sentiment océanique » et que nous pourrions exprimer plus clairement par le sentiment d'être une partie de la force universelle.
Freud pense que ce sentiment ne nous est pas si naturel que le pense son honorable correspondant. En effet, notre moi, exception faite de l'amour et de certains états pathologiques, tend dans les autres circonstances à se différencier très nettement des objets qui l'entourent. Il est vrai que dans notre enfance nous traversons un état où nous différencions encore-mal notre moi de notre entourage et le sentiment océanique pourrait être une survivance de cette phase infantile. Nous connaissons tant de survivances analogues qu'il n'y aurait rien d'étonnant à cela.
Mais resterait encore à savoir si ce sentiment océanique est bien la base de la religion ou si, par exemple, la dépendance du petit enfant et la nostalgie d'être aidé par son père n'est pas un sentiment plus fort et plus permanent qui serait la vraie source de la religion.
Mais là n'est pas le problème central que Freud se propose de traiter. Résumons donc les lignes générales de l'ouvrage et nous reviendrons ensuite sur certains points qui méritent de retenir notre attention.
Les religions donnent un sens à notre vie, mais en réalité cette signification que nous lui attribuons n'est qu'une défense contre la souffrance. Elle est dictée par le principe du plaisir. Au reste,