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Cet ouvrage d'une grande clarté, écrit dans une fort belle langue, donnera au public médical et aux intellectuels de France une idée nette et précise des solutions qui ont été apportées ces dernières années au problème de l'homosexualité.
Au chapitre premier, l'auteur passe en revue les principales conceptions que les médecins se sont faites du sujet avant Freud. Partageant d'abord les avis des moralistes, ils se sont lentement affranchis de ces préjugés; ils ont fait de l'homosexualité une déviation constitutionnelle de l'instinct sexuel, puis ils l'ont de plus en plus considérée comme une simple névrose. Quels que soient les avis étiologiques, tous les psychopathologistes s'accordent à décrire à la base de ces troubles une forte bisexualité native. Ici Hesnard aurait pu appuyer cette thèse par les données modernes de la biologie qui tend à considérer le sexe comme un caractère mendelien. Ceci implique que la moitié des individus ont à côté de leur sexe manifeste, un sexe latent qui se développera à la génération suivante (voir Guyénot: L'Hérédité. Paris, Doin 1926).
L'auteur consacre de fort belles pages à la différence de l'homosexualité dans l'antiquité de celle de nos jours. L'une était une habitude entrée dans les mœurs. Elle ne faisait qu'aviver la virilité, l'autre, au contraire, s'oppose directement à nos mœurs et se rattache à la névrose.
Cette comparaison amène Hesnard à décrire les différents types biopsychologiques de l'homosexualité.