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L'auteur commence par un exposé historique de la question. Depuis le travail de Freud sur Schreber la formule de Freud « La paranoïa est une régression de l'homosexualité sublimée vers le narcissime » doit être complétée par les découvertes d'Ophuysen et de Stärcke qui ont montré que ce narcissisme avait une origine érotique. Ce fait a été, plus tard, bien précisé par le travail d'Abraham sur le développement de la libido.
Bibring rapporte ensuite le cas d'une femme de 37 ans, non mariée, qui entre à l'asile parce que dans la rue elle se sent poursuivie par des hommes. La malade est bien nourrie, neurologiquement on ne constate rien d'anormal. Elle est encore vierge. Les voix parlent souvent très haut. Elles l'accusent de mener une vie déréglée, d'exhaler une mauvaise odeur, de salir le linge et surtout les cabinets. On l'accuse de frotter le miroir du W. C. avec ses matières. Les voix l'accusent de battre les enfants dont elle a la responsabilité. Pour que les voix ne se manifestent pas elle est obligée de prendre des positions extravagantes, par exemple tenir une jambe hors du lit. Les voix réclamaient d'autres punitions encore, qu'elle se prive de manger ou qu'elle n'aille pas à la selle, qu'on la batte ou qu'on mêle à sa nourriture des ingrédients qui provoqueraient de la constipation ou des maux de tête.
On voit qu'un grand nombre des désirs refoulés et des punitions émanent de l'organisation sadique anale. Parmi ses persécuteurs, l'un est désigné par les voix sous le nom de fiancé. Les voix l'appellent aussi le derrière. Elles disent, par exemple, il a une cigarette dans la bouche, dans les doigts ou même dans l'anus. La malade fait remonter le début de son affection à 20 ans, où elle avait envoyé anonymement une Bible à l'empereur pour son anniversaire.