You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« La psychologie du psychothérapeute », par Edouard Glover.
Les psychiatres dit l'auteur, s'analysent rarement eux-mêmes. Beaucoup conservent dans leur méthode de soigner les malades une tendance à la thaumaturgie, des restes inconscients de magie. Certains médecins envoient le client qui ne veut pas guérir dans le midi; au point de vue psychologique cela a la valeur symbolique d'un homicide, c'est une manière de se débarrasser de personnes qui inconsciemment vous gênent.
D'autres imposent des traitements si compliqués et si douloureux qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a quelque inconscient sadisme dans leur manière d'agir. Malgré les apparences, les psychiatres ne sont pas moins exposés que les cliniciens à n'être pas objectifs dans leurs traitements. La suggestion, la persuation, la rééducation sont autant de facteurs subjectifs dans la manière d'agir avec le client. Même l'objectivité du psychanalyste suppose une dépense d'énergie du psychiatre pour pouvoir être maintenue jusqu'au bout. La formation de désirs personnels se retrouve même chez le psychanalyste dès que l'analyse a dépassé un certain stade. Ces désirs inassouvis peuvent se faire jour et aboutir à une crise qui compromettra tout le traitement.
On peut diviser les psychothérapeutes en psychologues du moi, du surmoi et du soi (ces derniers étant ceux qui emploient le plus de moyens rappelant la magie.)
La maladie étant pour le psychiatre une source d'irritation qu'il ne peut fuir, il sera tenté de l'attaquer par une cure violente et de donner cours ainsi à du sadisme latent. Tous les psychiatres sont