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« Au dela de la psychanalyse », par Otto Rank.
La psychanalyse, dit l'auteur, a découvert l'importance qu'avait dans les maladies nerveuses la vie émotive mais elle a tenté de la concevoir scientifiquement sous l'angle purement matérialiste. Cette tentative a déjà échoué en face du problème de l'anxiété qui ne peut être expliquée par des facteurs biologiques uniquement. Le problème de l'amour ne peut pas non plus être expliqué uniquement par l'instinct sexuel. Le défaut de la méthode a été de vouloir tout expliquer du point de vue matérialiste. De là aussi l'exagération de l'importance accordée à la vie passée de l'individu aux dépens de sa vie présente et des problèmes actuels qu'il a à résoudre. Si les nerfs ne fournissent qu'un instrument, l'instinct sexuel, lui aussi, ne fournit que le matériel qui sera la base de notre vie émotive. La psychanalyse elle-même a découvert que le principe éthique était aussi important que le principe biologique et qu'on ne pouvait comprendre la vie amoureuse de l'homme qu'en allant au delà de l'insctinct sexuel jusqu'au moi.
Après avoir dépassé le stade matérialiste, éthique et social nous arrivons à la véritable psychologie ou, si l'on veut, à la métapsychologie, science qui ne traite que des tendances et de leurs effets. On aboutit ainsi à la conclusion que les névroses, bien loin d'être un problème médical, ne sont en réalité qu'un problème éthique et social.
Les deux principaux problèmes philosophiques, la théorie de la connaissance et l'éthique se trouvent ainsi être les deux problèmes capitaux de la psychanalyse qui est considérée sous un angle plus philosophique que biologique. A leur base se trouve le problème du moi et du toi, de la personne et de l'univers ambiant. C'est l'émotion qui relie le moi et le toi, l'amour est une agréable indentification avec autrui. En un mot la sexualité est une expansion biologique du moi, l'amour en revanche est une expansion émotive du moi. Freud lui-même a été amené peu à peu du point de vue