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Jekels: Zur Psychologie des Mitleides (Psychologie de la compassion) — Les philosophes se sont disputés de tous temps pour savoir si la pitié était un sentiment égoïste ou altruiste (voir K. Oreîli: Die philosophischen Auffassungen des Mitleides). Aux yeux d'Hartmann et de Schopenhauer, le problème de la compassion reste incompréhensible et plein. de mystère. Avec beaucoup de finesse, Jekels essaie de l'éclairer du point de vue psychanalytique.
Freud a brièvement; abordé le problème. Pour lui, la pitié est une identification née par réaction à des tendances sadiques. Qu'elle provienne d'une identification avec le malheureux n'est pas une idée neuve. L'Italien Ubaldo Cassina l'avait déjà écrit en 1788 (Saggio analitico sulla compassione), et Rousseau écrivait tout aussi explicitement: « La commisération est d'autant plus énergique que l'animal spectateur s'identifiera plus intimement avec l'animal souffrant. » Mais, tandis que Cassina décrit l'identification comme un processus d'introjection narcissique, Rousseau l'envisage comme une projection du moi dans autrui, comme une identification à la manière des hystériques. Schopenhauer partage ce dernier point de vue.
Le fait que, de tout temps, la pitié a été envisagée comme un phénomène irrationnel nous permet de penser qu'elle a une forte composante inconsciente. Nous trouvons, de façon constante, à la base de ces identifications, un sentiment de culpabilité.
Cette réaction de la pitié s'éveille en effet dans la période de latence à l'âge où les fantaisies de battre sont les plus fréquentes.
Cette fantaisie, comme la pitié, éclosent sur la base du sadisme. Elles se développent surtout dans les caractères obsessionnels.
Dans la fantaisie de battre, il y a aussi l'identification masochiste avec celui qui est battu. La commisération née d'une réaction à des tendances sadiques n'est qu'une des genèses de la pitié.
Il y a un autre type de compassion qui repose sur une relation objectale complète.
Jekels rapporte ici l'histoire d'u