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Un livre prodigieusement documenté qui vient confirmer et approfondir les vues que Freud avait développées sur ce sujet dans Totem et Tabou. La valeur de l'ouvrage réside avant tout dans le grand nombre de faits cités qui viennent appuyer chacune des thèses de l'auteur. Faute de place, nous ne pouvons malheureusement que reproduire les principales idées qui se dégagent de cette étude. L'âme du primitif est entièrement dominée par la peur de la castration. Tout en ayant, gardé un grand nombre de traits de la phase orale et de la phase anale, il semble être au stade phallique, attachant urne importance narcissique démesurée à son organe viril. Ses relations objectales sont encore pauvres et ce n'est que dans une très faible mesure qu'il a atteint le stade génital. Ayant établi la position libidinale du primitif, nous pouvons mieux comprendre le sens de ses pratiques magiques.
La magie sympathique est celle qui repose sur cette loi : le semblable crée le semblable. On se souvient que Freud avait expliqué cette croyance par le fait que le primitif se trouve au stade narcissique de son développement libidinal et qu'il surestime, par suite de cela, la puissance de sa pensée. Il croit qu'il suffit de penser à une chose pour que celle-ci se produise. L'obsédé partage cette conviction.
Mais Roheim fait un pas de plus. Il remanque que le sorcier qui veut exercer une action néfaste sur son ennemi cherche toujours à se procurer une partie du corps de l'adversaire, les excréments sont un objet de choix pour l'action magique. Les rognures d'ongle ou les cheveux servent au même but. Or pour le primitif, la perte de ces substances est considérée comme une castration. C'est une partie de lui-même qui s'en va et il s'identifie avec elle, il a peur que si quelqu'un s'en emparait, ce quelqu'un pourrait agir sur lui puisqu'il posséderait une partie de son être. De cette crainte est née la coutume d'enterrer tous les déchets du corps. De là aussi est née l'idée que si le magicien s'empare