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Freud, né à Freiberg, en Moravie, le 6 mai 1856, vient d'avoir, le 6 mai passé, soixante-quinze ans. Nous n'avons pas besoin dé rappeler aux lecteurs de la Revue de Psychanalyse la hauteur de sa vie, ni la grandeur de son œuvre ; nous nous bornerons ici, en homage lointain au maître dont nous sommes les élèves, à retracer, d'après la suite de ses travaux, l'évolution de la pensée freudienne.
Parti de l'étude de l'anatomie et de la physiologie du système nerveux, Freud publiait d'abord, outre une étude sur la cocaïne, dont il fut le premier à reconnaître les propriétés anesthésiantes, des études cliniques sur les hémiplégies et les aphasies. Son premier travail psychologique était les Etudes sur l'Hystérie, en collaboration avec le docteur Breuer, et parues en 1895 ; l'origine psychogène de l'hystérie y était mise en valeur. Puis, en 1900, Freud publiait cette Science des Rêves (1), qui devait fonder sa doctrine et posait les fondements d'une nouvelle psychologie ; il y déchiffrait, pour la première fois depuis que les hommes existent, les hieroglyphs de l'inconscient humain. Bientôt suivait, en 1901, la Psychopathologie de la vie quotidienne (2), où le mécanisme fundamental de l'oubli et des divers actes manques était si ingénieusement mis à jour. En 1905 paraissaient les Trois Essais sur la Théorie de la Sexualité (3). Pour la première fois, un tableau de l'évolution si complexe de la sexualité humaine y était présenté. Dans Le mot d'Esprit et ses rapports avec l'inconscient (1905) (4), les processus particuliers à l'esprit étaient rattachés aux lois générales regnant au sein de l'inconscient ; dans Délires et Rêves dans la Gradiva de Jensen, les mêmes lois de la psychologie nouvelle étaient appliqués aux fictions créées, par un romancier, et dans Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (5), à l'analyse de l'un des plus grands génies