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Dans notre précédente leçon, nous avons attiré l'attention sur l'élément actuel dans la formation d'un état névrotique, et il nous est apparu clairement que le conflit actuel ne joue, d'habitude, que le rôle d'agent provocateur. Dans bien des cas, il n'est lui-même que la conséquence et le produit d'une provocation, névrotique. Nous avons parlé de malades dont la destinée se déroule éternellement en conflits actuels, dont l'attitude vis-à-vis de l'existence suscite constamment des situations coniliclueuses. Dans de tels états chroniques, les conflits actuels revêtent un caractère spécifique, parce qu'ils, représentent le reflet d'un conflit intérieur en perpétuelle activité. Mais l'inverse se produit également : un prétexte de conflit venant du monde extérieur pourra susciter différentes réactions correspondant à la réceptivité intérieure de l'individu en question.
Vous vous souvenez des trois malades dont j'ai parlé : Le même prétexte avait provoqué trois réactions différentes dans des formes différentes. Les raisons de cette différence ne résidaient point dans l'événement traumatique actuel, événement qui avait frappé ces malades d'une façon identique. Ces raisons différentielles étaient l'expression d'autres facteurs, que nous pouvons nommer dispositionnels. Sans vouloir pénétrer plus profondément dans la signification de cette notion, je me limiterai seulement ici à la remarque, que ce que nous appelons disposition, peut se ramener en fait à deux facteurs : d'une part à des expériences vécues à une période précoce, et d'autre part à une réceptivité constitutionnelle spéciale, donc innée. Cette dernière n'est accessible du point de vue analytique qu'uniquement dans ses conséquences. Par contre, le premier