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Mesdames, Messieurs,
Il a été fréquemment question, au sein de notre Société, du mécanisme psychanalytique de la psychonévrose hypochondriaque. Mais cet état morbide, qui tantôt se présente comme une forme particulière de névrose simple, de névrose actuelle, — pour parler comme Freud et ses élèves, et comme E. Jones, — tantôt s'apparente cliniquement aux formes les plus graves de la psychose, est rencontré, dans la pratique, sous des aspects (cliniques et psychanalytiques) tellement divers, que son analyse est encore, dans l'état actuel de nos connaissances, à peine ébauchée.
Même dans les cas les plus simples, dans ceux qui rentrent dans la catégorie des « névroses actuelles », l'étude attentive de l'histoire psychanalytique individuelle permet d'affirmer toujours l'existence d'une psychogenèse, plus ou moins profondément dissimulée. Tel le cas que j'ai eu l'honneur de vous exposer ici en 1928 et qui a été publié dans la Revue de Psychanalyse en 1929 ; cas dont l'analyse mettait en lumière le développement quasi schématique de l'angoisse hypochondriaque par diffusion de l'excitation erotique sur les régions extra-génitales du corps, à la suite du refoulement exagéré, à la puberté, d'un auto-érotisme infantile persistant et intensifié par le besoin sexuel adulte, chez un sujet que prédisposaient certains conflits infantiles découlant de l'angoisse de castration.
A plus forte raison, dans les cas d'angoisse hypochondriaque grave, — exprimée cliniquement par une interprétation délirante des impressions hypochondriaques et par des réactions sociales conformes, de nature proprement psychopathique, — rencontre-t-on, à l'analyse, une psychogenèse manifeste remontant aux conflits infantiles