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Dans un article sur l'érotisation de l'angoisse, nous avons soulevé la question suivante : Jusqu'à quel point le personnage du sous-officier infligeant l'angoisse n'est-il pas redevable de son existence au besoin de certains groupes d'hommes de cultiver l'angoisse comme érotisme, où l'infliction de l'angoisse correspondrait plutôt à l'activité masculine et l'endurance de l'angoisse à l'activité féminine ? Nous nous sommes demandé également si l'érotisation de l'angoisse ne joue pas un rôle important dans l'art et la littérature d'une part, dans les conceptions religieuses d'autre part, et nous ne pouvons nous empêcher de rechercher jusqu'à quel point les relations sociales des hommes en general ne seraient pas au service de l'érotisation de l'angoisse et seraient, de ce fait, selon le degré de cette érotisation, soustraites à leur hut réel et conscient. Au cours de ces recherches, nous avons étudié la possibilité d'une parenté entre l'angoisse (non la Realangst de Freud, mais l'angoisse érotisée) et l'orgasme et nous nous sommes demandés dans quelle mesure l'angoisse pourrait représenter la forme infantile de l'orgasme, jouant ainsi un rôle tout à fait particulier et très marqué dans les rêves d'angoisse et de pollution. Nous avons également tracé un parallèle entre l'angoisse et la jouissance initiale d'une part, entre la douleur et la jouissance finale d'autre part, en admettant que la forme de l'organisation sociale humaine pourrait bien dépendre de son degré d'utilisation à l'abréaction de la libido individuelle par l'angoisse, l'effroi et la cruauté, et recherché jusqu'à quel point elle tendrait en outre à réaliser cette abréaction de la libido par l'individualisation de l'homme sur le terrain génital. Nous avons ainsi été amené à penser que l'orgasme du primitif pourrait être complètement différent de l'orgasme de l'homme civilisé, et que ces circonstances ont dû