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Un article d'une vingtaine de pages, fort bien présenté, nous expose des faits cliniques (10 observations) certainement très intéressants mais d'une grande banalité. Ils sont empruntés à la Clinique des psychoses à étiologie incertaine, à celle, plus précise, des traumatismcs cérébraux, de l'alcoolisme, de l'épilepsie, de l'endartérite cérébrale spécifique et de l'encéphalite. Ils mettent en évidence des états dans lesquels la fonction mnésique est subitement supprimée et reparaît ensuite.
Une seule de ces observations, due au professeur Weber, comporte un examen anatomique. Il s'agit d'une hémorragie méningée, classique, née au niveau de la paroi antérieure du troisième ventricule, immédiatement aurdessous de l'extrémité du corps calleux.
Or M. de Morsier tire de ces faits bien connus de grandioses conclusions. Lui qui reproche « aux psychiatres qui seraient tentés de ce contenter des hypothèses freudiennes (s'il s'en trouve encore), de se livrer à des hypothèses fantaisistes et pour le moins inutiles », il va expliquer ces documents cliniques de façon simple et définitive.
Supposant à son tour qu'il y a une « fonction mnésique du cerveau », il les « regroupe » en les rangeant par trouble des fonctions cérébrales, d'une part, et par agents étiologiques, de l'autre… et c'est tout ! Ainsi il « explique » ces faits classiques d'amnésie transitoire, soit pure soit délirante, soit immédiate, soit, comme l'a dit jadis Maxwell à Bordeaux, retardée, en disant qu'il s'agit d'un « blocage des voies mnésiques ». Ainsi, il croit « substituer une hypothèse physiologique à la conception psychologique traditionnelle ».
Il y aurait, pour lui, dans les états décrits sous ses observations, blocage paroxystique des voies mnésiques, comme, dans l'hémianopsie transitoire, il y a blocage paroxystique de la fonction corticale visuelle. Ainsi donc, de même que l'opium fait dormir parce qu'il retentit électivement sur la « fonction dormitive du cerveau » (1), l'oxyde de carbone, par exemple, a