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Il est bien connu que le psychisme de l'homme a été éclairé avant celui de la femme, et est encore actuellement de beaucoup le plus étudié. Cela tient peut-être à deux raisons: d'abord, l'homme s'est probablement prêté plus facilement à cette exploration de son être intime et instinctif que la femme, qui semble opposer en général une grande pudeur à l'exhibition de sa vie sexuelle (et les observations que nous apportons aujourd'hui jetteront peut-être quelque lumière supplémentaire sur ce phénomène); ensuite, les premiers analystes ont été des hommes et encore aujourd'hui de beaucoup le plus grand nombre des analystes sont des hommes. Ils verront donc le sujet féminin à travers leur propre personnalité, car on a beau vouloir être objectif, on ne l'est jamais complètement. Ainsi l'analyste masculin sera souvent exposé à juger le psychisme féminin d'après son propre psychisme, et peut-être n'a-t-il pas toujours vu très juste.
Freud et d'autres ont exposé la différence principale entre ces deux psychismes: l'homme en fixant sa libido sur le premier objet hétérosexuel n'a pas besoin de changer d'objet; l'objet infantile, la mère, sera aussi le premier objet génital Pour la femme, la situation est de beaucoup plus compliquée: elle devrait abandonner l'objet infantile en accomplissant le choix hétérosexuel — et pas seulement abandonner mais entrer avec lui dans une relation de rivalité, c'est-à-dire de haine.
Ceci n'est pas nouveau — mais j'ai l'impression qu'on n'a pas encore assez insisté sur la gravité de cette constellation et de ses conséquences.