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Aucun de nous ne reste insensible au problème de la justice, tant il est vrai que sa solution touche à nos instincts les plus profonds. Ces dernières années, Freud, Reik, Alexander, Staub, Laforgue, Hesnard, Odier, Pichon ont étudié divers aspects du sentiment de justice en se plaçant du point de vue psychanalytique, Allendy, dans un ouvrage qui se lit fort agréablement, a tenté d'étudier ce sentiment au travers des institutions juridiques, des conceptions religieuses et des sentiments individuels. Avec cette forte érudition que nous lui connaissons, il a repris la question dans son ensemble, traçant un vrai tableau clinique des diverses formes de justice. Le lecteur est séduit par ces promenades historiques et par ce musée si riche en faits bien classés, mais parfois il se met à regretter que certains mécanismes ne soient pas analysés plus en détail. Le déterminisme de certaines attitudes n'est pas assez précisé. L'idée de justice est difficile à définir, elle a été envisagée de bien des manières différentes au cours des âges. Nos appétits ont créé la guerre, la contrainte sociale est venue limiter nos désirs et finalement nos sentiments de vengeance. A la loi sévère du talion ont succédé les compensations, privation de liberté ou amendes. Dans nos mœurs européennes, une évolution se dessine qui tend à faire disparaître le besoin de représailles et à lui substituer un idéal de rééducation. La foule, qui se grise sous la pression de la contrainte sociale, admet difficilement que nos juges ne vengent pas le crime commis. Ce sont ces sentiments de justice qui priment dans l'inconscient de la collectivité, qui nous empêchent de réaliser une justice nouvelle et supérieure basée sur la notion de responsabilité morale. Ne pouvant punir autrui comme il le voudrait, l'homme imagine une justice transcendante qui s'exerce dans l'au-delà,
Allendy considère trois stades dans ces idées métaphysiques:
1° Le sort dans la vie future ne dépend pas des mérites d'ordre moral;
2° Le crime