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Mesdames et Messieurs,
Vous avez fait jusqu'ici avec moi deux pas dans le domaine de l'analyse infantile. Aujourd'hui, dans la dernière leçon de ce cours, je vous demanderai de faire avec moi le troisième, et peut-être le plus important.
Permettez-moi, une fois encore, de revenir en arrière. Il a été question, pour commencer, vous vous en souvenez peut-être, de la préparation des enfants au traitement. Le contenu de celte première partie n'avait, au point de vue de la théorie analytique, absolument aucune importance. Si je vous ai si longuement parlé de toutes ces activités et de ces petites occupations enfantines, tricotage, crochetage, jeux divers, de tous ces moyens d'intéresser l'enfant, ce n'est pas que je les considère comme essentielles à l'analyse. Au contraire, j'ai voulu vous montrer que l'enfant est un être peu souple, qui refuse de s'adapter aux moyens les plus éprouvés d'une thérapeutique scientifique et qui réclame impérieusement qu'on tienne compte de sa propre nature infantile. Quoi qu'on veuille faire avec lui, qu'on lui enseigne l'arithmétique ou la géographie, qu'il s'agisse de son éducation ou d'un traitement par analyse, il faut toujours commencer par établir entre lui et nous un lien affectif très net. Plus le travail que nous entreprenons est difficile, plus solide doit être ce lien. La préparation au traitement, c'est-à-dire la formation de ce lien, suit des règles très spéciales déterminées par la nature de l'enfant, et provisoirement indépendantes