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J'eus un jour la visite de la sœur d'un jeune artiste m'apprenant que son frère A., un homme très doué, se comportait depuis quelque temps d'une façon très étrange. Depuis la lecture du travail d'un médecin sur le traitement de la tuberculose par le sérum (1), il ne s'occupait que de lui-même. Il faisait examiner son urine et ses crachats, leur supposant des composants anormaux. Quoiqu'il n'y en eût pas, il se soumettait chez le dit médecin à un traitement par le sérum. Il était apparu bientôt qu'il souffrait véritablement. Il ne s'agissait pas seulement d'un simple trouble hypocondriaque. Ce n'était pas seulement l'article de revue en question, mais encore la personnalité de ce médecin même qui faisait une impression extraordinaire sur lui. Le médecin ayant un jour rabroué le jeune homme un peu vertement, celui-ci se laissa aller dans son journal intime (que sa sœur me donna à lire) à des ruminations interminables sur la question de savoir comment mettre d'accord ce comportement du médecin avec le fait qu'il n'osait mettre ero doute que celui-ci était un véritable savant. Il apparut alors que ses idées hypocondriaques étaient liées à un système philosophique plus important, et qu'elles faisaient pour ainsi dire partie intégrante de ce système. Depuis un certain temps déjà le jeune homme s'intéressait à la « Naturphilosophie » d'Ostwald, dont il se déclarait un adepte zélé. L'idée énergétique qui en est la base et l'importance que ce