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Freud a donné le nom d'hystérie de conversion aux manifestations somatiques de la névrose hystérique; dans l'esprit de l'auteur, cette définition comportait non seulement une différenciation clinique d'avec les autres symptômes hystériques, mais principalement une conception tout à fait personnelle de la pathogénie de ces symptômes, que nous aurons à envisager dans le présent rapport.
L'importance des manifestations corporelles de la névrose est évidente; en effet, il s'agit ici de phénomènes positifs, concrets, reconnaissables, c'est-à-dire pleinement objectifs; on pourrait même dire qu'ils constituent une sorte de pont entre les maladies psychiques pures et les affections organiques, et leur constatation montre toute l'importance des symptômes psychiques, qui, encore pour de nombreux cliniciens, sont du domaine de l'hypothèse, sans substratum clinique certain.
Dès qu'il s'agit de délimiter le cadre clinique des symptômes de conversion, la difficulté commence, cette difficulté résultant du fait des diverses conceptions qui ont tour à tour augmenté ou réduit l'importance de ces symptômes, suivant qu'ils ont été attribués au domaine de l'hystérie ou exclus de son cadre.
L'exposé psychanalytique de l'hystérie de conversion devra donc, pour la clarté de ce rapport, être comparé aux théories les plus importantes, qui, depuis trente années environ, ont précédé ou suivi les premières recherches cliniques de Breuer et Freud, point de départ de toute la psychanalyse.
Avant d'entreprendre cet essai, il est nécessaire, pour fixer les