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Ce que j'apporte ici, c'est simplement du matériel clinique avec l'indication de ce que j'ai cru pouvoir en tirer. N'est-ce pas en soumettant ainsi aux confrères notre travail clinique que nous pourrons amener des discussions qui soient vraiment fructueuses au point de vue de l'art médical, auquel nous sommes tous ici si fermement attachés? Les documents que je présente sont tirés d'une psychanalyse que j'ai actuellement en train.
La personne dont il va s'agir est une femme de 42 ans, que j'ai désignée antérieurement sous le nom de Nina (1), mais dont il est nécessaire que je fasse un portrait sommaire avant de passer au récit de la séance qui fera le principal morceau de cet exposé.
Nina est en psychanalyse chez moi depuis la rentrée des vacances 1929. Elle est venue demander le secours psychiatrique parce qu'elle se sent « dispersée », — c'est son terme, — qu'elle ne peut faire aucun travail suivi et qu'elle souffre d'une frigidité absolue dans les rapports sexuels.
La vie de cette malade est extrêmement curieuse. Fille d'une mère relativement instruite et d'un père d'origine paysanne devenu, à la ville, franchement crapuleux, elle a eu, de façon consciente, pendant toute son enfance, une répulsion nette pour son père. Elle a de plus été tiraillée entre ses deux grand'mères, l'une citadine, l'autre paysanne, de caractères très opposés, fertiles en critique sur