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Ce n'est pas une tâche facile que d'arriver à une compréhension psychologique complète, ne serait-ce que d'un seul être humain que nous pouvons avoir étudié pendant des années, et qui appartient au même milieu culturel que nous-mêmes. La difficulté augmente avec l'augmentation du champ d'observation et la diminution des facilités, comme dans le cas qui va nous occuper, d'une société entière où la situation analytique fait défaut.
Nous voudrions bien en savoir davantage sur notre sujet, et cependant nous ne sommes pas sans savoir quelque chose. C'est pourquoi, après l'avoir abordé de trois points de vue différents, nous nous croyons fondés à nous livrer sur lui à une attaque concentrique et à essayer de donner une explication psychologique de la culture de l'Australie Centrale.
Si la répétition compulsive est la forme de vie la plus primitive, l'australien central répond certainement à notre idée de ce qu'il convient d'appeler primitif. Deux jeunes gens peuvent continuer pendant des heures à s'énumérer leurs amours. Les légendes contiennent des répétitions interminables de détails géographiques. Les vieillards sont parfaitement heureux de chanter, assis en rond, les deux ou trois mêmes mots d'une longue chanson, dont ils n'aborderont peut-être jamais la seconde phrase. La théorie psychanalytique assume que la répétition est étroitement liée à l'instinct de mort. Mais comme celui-ci ne peut être observé que dans sa forme dérivée en tant qu'agressivité, c'est sous cet aspect que nous l'examinerons, c'est-à-dire dans ses relations avec les différentes formes de la libido, le moi et le surmoi. Je me propose donc