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(Paru pour la première fois dans Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse, Bd VIII, 1922)
A) La jalousie ressortit à ces états affectifs que l'on peut classer, comme ou le fait pour la tristesse, comme états normaux. Quand elle paraît manquer dans le caractère et la conduite d'un homme, on est justifié à conclure qu'elle a succombé à un fort refoulement, et en joue dans la vie inconsciente un rôle d'autant plus grand. Les cas de jalousie anormalement renforcée, auxquels l'analyse a affaire, se montrent triplement stratifiés. Ces trois assises ou degrés de la jalousie méritent les dénominations de:
jalousie de concurrence, ou jalousie normale;
jalousie de projection;
jalousie délirante.
Sur la jalousie normale, il y a peu à dire du point de vue de l'analyse. Il est facile de voir qu'essentiellement elle se compose de la tristesse ou douleur de croire perdu l'objet aimé, et de la blessure narcissique, pour autant que celle-ci se laisse isoler de la précédente; elle s'étend encore aux sentiments d'hostilité contre le rival préféré, et, dans une mesure plus ou moins grande, à l'autocritique qui veut imputer au propre moi du sujet la responsabilité de la perte amoureuse. Cette jalousie, pour normale que nous la dénommions, n'est pour cela nullement rationnelle, je veux dire issue de situations actuelles, commandée par le moi conscient en fonction de relations réelles et uniquement par lui. Elle prend, en effet, sa racine profonde dans l'inconscient, prolonge les toutes primes tendances de l'affectivité infantile, et remonte au complexe d'Œdipe